De retour de cette petite escapade dans les bois de Miécret, nous apercevons sur notre droite la silhouette d'un gibier assis qui broute tranquillement dans une hêtraie. Nous avons la chance d'être masqués par une pessière, j'en profite, je vais à l'approche, sans faire de bruit, un léger vent favorable masque non seulement mon odeur mais aussi les petits bruits de branches brisées sous mes pas. J'arrive très près, je sais qu'elle est là, derrière ce tronc salvateur.
Encore quelques pas et puis je me laisse lentement tomber sur la gauche, appareil photo à la main, l'épaule gauche en appui sur un grand épicéa, elle est là, elle me regarde, elle se cure les narines de sa langue pointue. Rythme cardiaque 180, respiration coupée, zoom en manuel, mise au point, je règle l'ouverture de diaphragme... je déclenche, encore et encore. Au bout d'un moment ne sachant si je suis un danger ou non, elle préfère s'en aller, elle fait quelques mètres et puis se retourne, comme pour s'assurer d'avoir fait le bon choix.
Je me retourne, Rudi était resté à l'arrière jumelles en main, il n'a rien perdu de la scène.
C'était un moment exceptionnel, quel bonheur partagé.
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